Pelote de rejection

Les Faucons pèlerins sont de fameux chasseurs d’oiseaux, cela n’aura échappé à personne.

Les proies sont pour la plupart du temps tuées par la pression des serres (les griffes) sur la cage thoracique. C’est radical ! Le bec, lui, est l’outil qui permet d’abord de plumer la proie – c’est-à-dire arracher les plumes de la peau – pour ensuite découper ou arracher des petits morceaux de chair qui sont avalés les uns après les autres. Malgré cette technique, les faucons ingurgitent régulièrement plumettes et autres morceaux d’os. Ceux-ci ne sont pas digérés dans l’estomac, ils doivent donc être évacués d’une manière ou d’une autre. Et c’est par la bouche que les Pèlerins crachent ces « déchets ». Pas n’importe comment cependant, ils risqueraient sinon de se blesser l’œsophage ! Se forme donc dans l’estomac un cylindre de 2 à 4 cm de long et d’environ 1.5 cm de diamètre qui est en fait l’accumulation de fragments d’os littéralement enrobés dans des plumettes. Le diamètre d’1,5 cm correspond à celui de l’œsophage. Le système parfait : évacuation tout en douceur… Le faucon régurgite à intervalles réguliers ce que l’on appelle une « pelote de régurgitation ».

Les rapaces nocturnes (chouettes et hiboux) font de même. Mais eux, avalent la plupart du temps leur proie en une seule fois. Glurp ! Tout y passe alors, plumes, poils, os, crâne. Les pelotes se forment de la même manière mais concentrent de bien plus nombreux os que chez les faucons. On y trouve parfois un crane entier de rat ! Au point que l’analyse des pelotes de régurgitation des chouettes et hiboux est LA technique d’étude de leur régime alimentaire.

Les chats également recrachent les os ou arrêtes qu’ils n’ont su digérés, en les enrobant d’herbe qu’ils ont été brouter. Et oui, un chat, cela broute !

Et pour joindre l’image au texte, la vidéo ci-contre montre, face caméra, un des fauconneaux d’Uccle recracher une pelote. Il ouvre le bec à plusieurs reprises, tend le cou vers le bas, contracte les muscles qui contrôlent l’œsophage et hop, propulse la pelote vers le sol. Celle-ci va sécher rapidement et contribuer à former la litière qui recouvre le sol. Et puis aussi, deux photos qui montrent un des fauconneaux de la cathédrale avaler d’un trait une patte de pigeon ! Et encore une série de 4 photos prises à Uccle. Cette fois, c’est la femelle adulte, posée à l’arrière de l’église Saint Job, sur un paratonnerre en fer forgé, qui expulse dans le vide une pelote. On distingue la pelote 1 m en dessous du faucon ? En y regardant bien on devine des taches oranges dans le pelote : c’est une bague de pigeon !

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